Action Urgente

Pérou : Nouvelle agression transphobe par le « Serenazgo » de Lima

SI-LGBT 06-03 Externe
mardi 21 mars 2006.
 
Le 17 mars, à Lima, six membres de « Serenazgo » ont violemment attaqué Sandra, une travestie. Ils ont également tenté de lui voler son argent. Les faits se sont intégralement déroulés en la présence d’un officier de police qui, plutôt que de mettre fin aux violences, les a soutenus et encouragés. Claveles Rojos, une association trans de Lima, a soutenu Sandra dans sa dénonciation de l’agression, la dernière d’une série commencée en juillet 2005 (voir nos « Actions » précédentes sur le Pérou).

Voici la traduction du compte-rendu établi par Belissa Andia, responsable de Claveles Rojos, des derniers incidents :

« Vers 3 heures 30, le 17 mars, dans la ville de Lima, une équipe de la police municipale Serenazgo patrouillait dans l’avenue du Petit Thouars quand ils aperçurent Sandra. L’équipe était composée de six policiers circulant dans un quatre-quatre, accompagnés d’un agent de la police nationale. Sandra sait parfaitement ce que cela impliquait d’être interpellée par une équipe municipale et s’est instinctivement enfuie aussi vite qu’elle put de l’Avenue Militaire vers la rue Bartolome Herrera. Là elle a été rattrapée par l’équipe transphobe. Les six hommes ont commencé à la frapper avec leurs matraques, en l’injuriant. Elle a été traînée par les cheveux, et son chemisier et son jean déchirés. Les membres de Seerenazgo se sont emparés de son argent, soit l’équivalent de 24 dollars américains, qu’elle venait de gagner durant la nuit. Ils voulurent également lui voler ses bottes mais elle résistait. Les hommes ont hurlé « Laisse nous te dépouiller, ne résiste pas, arrête de crier « Mais Sandra n’a pas voulu être détroussée de ses chaussures et les officiers, devenant encore plus furieux et frustrés devant sa résistance, l’ont blessé au couteau au niveau de la cuisse gauche. L’officier de la Police nationale a assisté inerte à l’agression et sa seule intervention a été pour encourager les membres de Serenazgo à continuer à dépouiller Sandra.

« Alexandra, la voisine de Sandra, est venue nous raconter l’agressions. Nous sommes immédiatement aller rendre visite à Sandra et l’avons accompagnée jusqu’au commissariat de Lince. Dans un premier temps, l’officier ne tenait pas à prendre la déposition. Quand il réalisa que nous connaissions son devoir, il n’eut d’autre choix que d’enregistrer la plainte contre les agissements de Serenazgo et Luis Castaneda Lossio, le chef de l’organisation. Dans un premier temps, l’officier de police arguait que nous n’étions pas venu immédiatement après l’agression déposer plainte, que plusieurs heures s’étaient écoulées, que Sandra n’avait pas subi de papier d’identité, que nous aurions dû déposé la plainte au commissariat central etc.

« Suite à sa blessure, Sandra a pris sur sa propre initiative des antibiotiques, sans se faire examiner par un médecin. Bien sûr, il aurait été préférable pour elle de se rendre à l’hôpital pour se faire vacciner contre le tétanos, pour soigner sa blessure, et pour suivre l’entière procédure médicale. Cependant, de nombreux travesties ne se rendent pas à l’hôpital où elles ne sont pas reçues correctement ; plusieurs d’entre elles préfèrent suivre les avis de leurs amis.

« Nous avons continué à suivre l’affaire. Demain, Sandra doit être reçue par le médecin de la police. Alors elle pourra témoigner dans l’enquête ouverte par le commissariat de Lince, quant au non-respect évident des droits humains. Nous avons visité plusieurs quartiers dans la ville de Lima, et partout nous avons recueilli des témoignages quant aux agissements des Serenazgos - parfois accompagnés par des membres de la Police Nationale - qui se conduisent comme des criminels bien que faisant parti des institutions qui doivent faire respecter la loi. Nous présenterons ce nouveau problème devant le « Ombudsman office « et il sera prouvé que cela de même que d’autres cas de non-respect des droits humains ne préoccupent pas nos autorités.

« Cette série d’agressions reflète la double attitude de notre Etat. Les institutions qui affirment protéger l’ordre public sont aussi en charge de faire le sale boulot. Elles répriment et, si possible, éliminent les preuves de leurs actes, preuves qui pourraient mettre en difficulté les autorités. Ceux qui ne voient jamais leurs droits être mis en danger refusent de voir que les minorités sexuelles dans leur diversité et dans toutes leurs expressions - les lesbiennes, les gays, les travesties, les transgenres, les transexuels, les intersexués, les bisexuels- existent. Ce sont ces minorités sexuelles qui sont totalement dépouillés de leurs droits humains fondamentaux. »

ACTION

Solidarité Internationale LGBT se joint à l’IGLHRC et à Claveles Rojos pour vous proposer d’écrire de façon URGENTE aux autorités de Lima. Demandez que les membres de Serenazgo cesse immédiatement leurs violence contre les travesties de Lima. Demandez que la police agissent contre tout nouvel action de violence contre des individus trans.

Vous trouverez ci-dessous un modèle de lettre en espagnol que nous vous demandons d’envoyer aux autorités péruviennes suivantes :

Luís Castañeda Lossio
Alcalde de Lima (Maire de Lima)
Address : Jr. de la Unión 300 / Jr. Conde de Superunda 177
Cercado de Lima
PEROU
Email : alcalde@munlima.gob.pe

Carlos Manuel Asmat Dyer
Dirección Municipal de Seguridad Ciudadana (Département de la Sécurité des Citoyens)
Jr Conde Superunda 167 Oficina 401
Cercado de Lima
PEROU
Email : dmsgc@munlima.gob.pe

Merci d’également envoyer des copies à :

Dra. Beatríz Merino
Obusman
Email : defensor@defensoria.gob.pe
A.P. Nº 4403
Lima 100
PEROU

Claveles Rojos
Email : clavelesrojos@runa.org.pe ou clavelesrojos3@yahoo.com


Modèles de lettre

Estimados Señores/ Estimada señora :

Les escribimos para expresar nuestra seria preocupación por la campaña de violencia contra las travestis que continúa llevando a cabo la Dirección Municipal de Seguridad Ciudadana de Lima Metropolitana (“Serenazgo”), en la zona de la Avenida Petit Thouars.

Anteriormente ya denunciamos las agresiones sufridas el 31 de diciembre de 2005 por la travesti Tatiana ; 19 de noviembre por la travesti Nicole y el 30 de noviembre por los clientes del pub gay ubicado en el Jirón Manuel del Pino, que se suman a los hechos de violencia ocurridos el 22 de julio del mismo año contra un grupo de gays en Plaza San Martín y contra un grupo de travestis en la Avenida Petit Thouars.

El 17 de marzo se sumó a los anteriores un nuevo hecho lamentable : seis efectivos del Serenazgo golpearon brutalmente a la travesti Sandra, a la que intentaron despojar del dinero que llevaba en su bolsa -todo ello en la Avenida Petit Thouars. Como agravante, cabe señalar que un agente de la Policía Nacional observó todo el incidente y, en lugar de cumplir con su deber de detener a los agresores y proteger a la víctima, incitó a los efectivos del Serenazgo a continuar adelante con su despliegue de violencia.

Consideramos que el trabajo de garantizar la seguridad de la ciudad de Lima que está a vuestro cargo puede perfectamente realizarse sin llevar a cabo actos de violencia, y sin agredir a determinadas comunidades en particular, por el solo hecho de ser quienes son, lo que constituye trato discriminatorio. El Perú es signatario de varios tratados internacionales de Derechos Humanos -entre ellos el Pacto Internacional de Derechos Civiles y Políticos, la Convención Americana de Derechos Humanos y la Carta Andina de Protección y Promoción a los Derechos Humanos- todos los cuales condenan esta clase de actos y obligan a los representantes del estado peruano a no cometerlos y a sancionar a quienes los cometan. Consideramos también que quienes denuncian las arbitrariedades merecen protección especial.

Solicitamos a ustedes lo siguiente :
-  Realizar una investigación exhaustiva sobre los hechos denunciados por Claveles Rojos, que deberá comenzar por convocar a las/os activistas, así como a la Defensoría del Pueblo (que ya ha aceptado las denuncias presentadas sobre este tema) a que se reúnan con ustedes y les presenten los hechos.
-  Proteger debidamente a las personas que han denunciado actos de violencia cometidos por agentes del Serenazgo
-  Sancionar debidamente a los efectivos que resulten culpables de haber ejercido violencia y/o trato discriminatorio contra travestis y homosexuales en estos hechos.
-  Investigar al agente de policía que presenció la agresión contra Sandra el 17 de marzo sin intervenir y si se confirman los dichos de la víctima, sancionarlo debidamente.
-  Hacer públicas las atribuciones, responsabilidades y derechos del Serenazgo, de manera tal que toda la ciudadanía pueda conocerlas y exigir su cumplimiento por parte de los funcionarios involucrados.
-  Convocar a la ciudadanía -y especialmente a los grupos organizados que trabajan con las poblaciones objeto de discriminación y maltrato en la ciudad- para aportar sus puntos de vista acerca de cómo podrían conjugarse la protección ciudadana con el respeto irrestricto a los derechos humanos por parte de las fuerzas de seguridad en Lima.

Quedamos a la espera de su respuesta y de sus acciones futuras en este tema.

Cordialmente,

(nom, organisation et adresse)

Version originale en anglais
Traduction et adaptation : SI-LGBT