Le Département de la sécurité des citoyens (connu sous le nom de « Serenazgo ») - une section du gouvernement de la ville de Lima créée cette année et dont les fonctions n’ont pas encore été clairement définies par la loi- harcèle les bars gays et les travailleurs du sexe tranvestis dans la ville.
Après avoir été attaquée par les agents de Serenazgo et leurs chiens, Nicole a déposé une plainte au commissariat de Alfonso Ugarte. L’officier de garde, Mr. Victor Garcia Salazar, a refusé pendant des heures d’enregistrer la plainte, en disant que si elle avait été attaquée par un chien, elle pouvait lui faire courir un risque, et en lui demandant un certificat médical pour accepter la plainte. Nicole a dû avoir recours au bureau du procureur pour voir sa plainte acceptée.
Belissa Andia et le collectif Claveles Rojos ont rencontré les personnes attaquées par Serenazgo le 22 juillet et ont pris des photos montrant les traces des coups qu’elles avaient reçus.
Une lettre a été envoyée au maire de Lima, Mr. Luis Castañeda Lossio, pour lui demander de mettre un terme à ses violations des droits humains, lettre restée sans réponse. Les militantEs ont déposé une plainte auprès du bureau du médiateur (Obusman) qui a demandé au bureau du maire de répondre. Les documents concernant l’attaque dont a été victime Nicole a été ajoutée à la plainte.
Le gouvernement local actuel représente des groupes d’extrême droite catholique (Unidad Nacional- Solidaridad Nacional) ayant des liens avec des organisations comme l’Opus Dei. Serenazgo n’est pas une division de la police. Aucune loi ne définit le cadre de ses opérations. Elle a été créée par le maire de la ville comme une mesure d’urgence pour garantir la sécurité de la population de Lima. Le personnel de Serenazgo n’a reçu aucune formation et comme la loi n’encadre pas leur comportement, les agents supposent qu’ils n’ont aucune limite. Ils ne sont pas autorisés à porter des armes à feu, mais on leur a fourni des chiens, des matraques et des cameras vidéo. Les militantEs péruvienNEs considèrent tout ceci comme illégal, puisqu’il n’est écrit nulle part que les agents de Serenazgo ont le droit d’attraper quelqu’unE, de le ou la battre et de l’asphyxier avec du gaz lacrymogène. Ils et elles affirment que la population homosexuelles et trans de Lima est sans défense contre l’homophobie de ces agents sans formation et « déchaînés ».
Cette action a été mise à jour, voir à présent SI-LGBT 06-02 Externe